Sur une réforme profonde d’#AFFELNET Paris

A quelques jours de la publication des résultats AFFELNET pour 2019-2020, il nous a semblé utile de présenter nos proposions pour réformer ce système à Paris.

AFFELNET Paris est fondamentalement différent de tous les autres AFFELNET. A cela une cause simple : à Paris un lycée « rayonne » sur 1,5km², alors qu’en moyenne[voir note i] en France c’est 1 lycée pour 350 km².

C’est une des principales causes d’échec, car cette densité permet au système des lycées de niveau d’exister. Réformer AFFELNET Paris est urgent. Alors que plusieurs voies d’amélioration simples existent, ce système perdure, et n’est chaque année que marginalement modifié. Le mal est profond, cristallise les peurs des parents, et surtout, crée des élèves non affectés.

Il faut donc :

  • Que le bonus boursier soit rendu progressif (comme les tarifs cantine) et non plafonné[voir note ii], ou alors au pire avec un plafond de boursiers partout légèrement supérieur à la densité locale de boursiers[voir note iii] ;
  • Que les parents soient informés des règles du jeu avec au moins un semestre d’avance. Cela passe par l’ouverture dès novembre d’un site internet complet intégrant un simulateur d’affectation[voir note iv] similaire à celui de notre site (Simulateur Affelnet (version 2019-2020) ), et l’utilisation du LSU (prévue par la loi). Si les parents sont informés, le taux de non affectés chutera immédiatement, et ils pourront préparer utilement leur affectation dans un lycée choisi. Ce site fournira :
    • Une évaluation suivie de ce que seront les notes du socle de compétence,
    • Seuils et places dans les lycées, plus notices de présentation des établissements et de leur projet éducatif,
    • Statistiques détaillées des demandes et affectations de l’année précédente,
    • Une information claire sur le mode de calcul et l’importance relative des notes et du socle de compétences,
    • Une information claire sur les spécialités et les langues, globale et lycée par lycée.
  • Que le passage par Affelnet soit obligatoire pour tous les enfants de 3ème, même ceux du privé sous contrat[voir note v], ce qui gâche les chances de nombre d’élèves non affectés sur des places qui se libéreront peu après ;
  • Que mise en place de la règle des trois-tiers soit enclenchée (voir https://www.fcpe75.org/pour-la-fin-des-lycees-de-niveau-a-paris/ ) ;
  • Que soit mis fin au système parisien à 4 districts quasiment infranchissables[voir note vi], sociologiquement très différents et malgré tout composites[voir note vii]. Il faut :
    • soit faire tomber ces frontières définitivement,
    • soit créer de nouveaux districts plus homogènes comportant chacun une offre comparable de lycées[voir note viii];
  • Que la Mairie de Paris et les Parents d’élèves soit mieux écoutée lors des choix d’ouvertures de classe;
  • Que les acteurs cessent de s’abriter derrière une logique de temps de transport infantilisante pour les parents et piètrement évaluée[voir note ix].

Notes et explications :

[i] Précisément, la moyenne française est de 1 lycée pour un territoire de 363 km².

Rang Académie  Nbre de LEGT km² / LEGT
1 Paris 73 1,44
2 Versailles 144 38,26
3 Créteil 130 49,20
4 Lille 85 146,05
5 Strasbourg 53 156,23
6 Lyon 68 250,60
7 Rouen 48 256,63
8 Nice 39 263,38
9 Aix-Marseille 59 358,10
10 Grenoble 81 369,21
etc…

[ii] Le bonus bousier est binaire (il est attribué à quelques euros près). Ce que l’on voit avec le bonus REP est intéressant : il vaut 480 points, et c’est un vrai bonus, sûr, qui n’est pas plafonné. C’est le plafond du bonus boursier qui le rend compliqué : comme il vaut 4800 points, il est nécessaire de le plafonner, et de créer deux tours d’Affelnet, un boursier, puis un non boursier. Il faut le remplacer par une fonction qui favorise les bas niveaux, sur le principe de la cantine. A l’instar du bonus REP, il faut que le nouveau bonus boursier soit certain, non plafonné. Il faut donc qu’il soit d’une valeur plus réduite. Or, on constate que l’écart moyen du dernier affecté par lycée entre tour boursier et tour non boursier est d’environ 600 points. On peut alors proposer (c’est un exemple) :

  • QF de 1 ou 2 (groupant je pense les boursiers) : le bonus boursier est à 600 ;
  • QF de 2 à 4 : le bonus boursier évolue de 600 à 400 ;
  • QF de 4 à 6 : le bonus boursier évolue de 400 à 0, pas forcément linéairement ;
  • QF au-delà de 6 : 0.

L’absence de plafonnement rend alors ce bonus social, simple, progressif, et effectif pour les boursiers.

[iii] Dans le système actuel, le plafonnement du bonus boursier a pour conséquence que seuls les meilleurs boursiers en profitent, c’est-à-dire ceux qui en ont le moins besoin.

[iv] Un simulateur ne sert pas à dire au parents que tel lycée est mieux que tel autre. Au contraire, il est là pour leur dire que si de toutes façons leur enfant n’ira pas dans tel lycée, alors qu’ils ne le demandent pas. Parce qu’en faisant ça ils perdront des vœux, et surtout ils décevront leur enfant, qui espèrera quelque chose qu’il n’aura pas. Et qu’ils passeront certainement à côté de quelque chose de bien pour lui. Pour rappel, une bonne affectation ne se base pas sur l’attractivité supposée de tel ou tel établissement. Dans tous les cas, un bon lycée pour un enfant, c’est avant tout un lycée qui correspond à sa manière de travailler, à ses compétences, un lycée où il s’épanouira, et trouvera un mode de travail, un environnement et des points forts qui lui correspondent (certains en sciences, d’autres en langues, ou encore en français, en histoire…). Et pour rappel aussi les officines privées informent très bien leurs clients sur les meilleurs lycées. C’est le rôle de la FCPE de ne pas laisser les autres parents dans l’obscurité.

[v] Pour les enfants allant ou étant dans le privé sous contrat, ce sera une opération neutre et transparente sur la même base de ce qui se passe pour les « recrutements particuliers », par exemple en passant le (ou les) lycée privé choisi en premier vœu (ou en n premiers vœux en cas de choix non définitif). Mais cela libèrera automatiquement leur place dans le processus d’affectation.

[vi] Sauf pour 14 collèges « frontières ».

[vii] Part des élèves de PCS défavorisée par collège :Part éleves PCS défavorisées

[viii] C’est-à-dire évitant de créer un ou des districts « ghetto » (cette réflexion est assez simple à mener).

[ix] Les évaluations actuelles du rectorat ne prennent en compte que le trajet collège d’affectation ↔ lycée. Une évaluation sérieuse doit se faire sur domicile ↔ lycée, ce qui est tout à fait faisable avec les technologies open-data : la FCPE Couperin peut indiquer les sources qui permettent de mener cette évaluation) .

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